Maison des propositions

Plateforme de propositions portées par le SFNS dans le débat public sur la santé 

19.03.2026 – V5

Pilier 1 – Former pour mieux accompagner : intégrer pleinement la nutrition spécialisée dans la culture des professionnels de santé et dans l’organisation des systèmes de soins

Les recommandations de la Haute Autorité de Santé soulignent que la prévention et la prise en charge de la dénutrition constituent des enjeux majeurs de qualité des soins, tandis que le Programme National Nutrition Santé rappelle que l’alimentation est un déterminant central de santé. Pourtant, la formation à la nutrition spécialisée demeure hétérogène selon les cursus et les territoires.

  • Faire de la nutrition un axe prioritaire dans l’évolution des formations initiales en santé, y compris pour les populations aux besoins spécifiques. Inscrire un enseignement dédié aux besoins nutritionnels spécifiques dans les maquettes des études médicales et paramédicales, en cohérence avec la Stratégie nationale de santé.
  • Après la formation initiale, faire de la formation continue en nutrition une priorité nationale. Mobiliser le dispositif obligatoire de formation continue des professionnels de santé afin d’y intégrer des modules sur les populations aux besoins spécifiques : sur les patients exposés au risque de dénutrition – comme ceux atteints d’un cancer ; sur les besoins des nourrissons et jeunes enfants, sur la nutrition des sportifs réguliers ; ainsi que sur les pathologies liées au gluten ou sur les besoins des personnes en situation de surpoids.
  • Structurer des formations territoriales pluridisciplinaires.
    S’appuyer sur les structures locales de coordination entre professionnels de santé pour organiser des sessions associant médecins, pharmaciens, infirmiers et diététiciens afin d’éviter les prises en charge en silo.
  • Renforcer la délégation de compétences vers les diététiciens nutritionnistes.
    Permettre, dans un cadre sécurisé, une orientation facilitée vers ces professionnels pour certaines situations identifiées, afin d’améliorer la rapidité de prise en charge et l’adhésion des patients.
  • Intégrer à la formation initiale et continue des professionnels paramédicaux (infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes, aides-soignants, professionnels de l’accompagnement à domicile), des modules dédiés à l’identification précoce des troubles nutritionnels. Ces derniers sont souvent le premier point de contact avec les patients, notamment les plus âgés du système de santé.


Pilier 2 – Éduquer tôt et accompagner tout au long de la vie : structurer une culture des besoins nutritionnels spécifiques

Si l’équilibre alimentaire est largement promu dans les programmes éducatifs et de prévention, l’éducation à la nutrition qui permet de comprendre et d’adapter ses choix selon des besoins nutritionnels spécifiques reste encore insuffisamment structurée dans les politiques éducatives et de santé publique, malgré les recommandations internationales (FAO, OMS, etc.) pour intégrer la nutrition dans les systèmes éducatifs.

  • Intégrer explicitement l’éducation à la nutrition dès l’école primaire dans les politiques publiques de prévention. Inscrire dans les programmes d’éducation à la santé des contenus portant sur les besoins nutritionnels spécifiques selon l’âge, en cohérence avec le Programme National Nutrition Santé.
  • Mieux reconnaître, dans le Programme National Nutrition Santé, les besoins nutritionnels spécifiques. Les actions et recommandations portées par le PNNS devraient refléter les avis des professionnels de santé et les données scientifiques reconnues et ainsi orienter les populations ayant des besoins spécifiques vers des produits adaptés (ex : actualisation des messages sanitaires, objectifs en matière de composition nutritionnelle ou de reformulation, …)
  • Actualiser le cadre réglementaire européen des produits de nutrition spécialisée afin de faire reconnaître leur légitimité, notamment :
    • Via des textes spécifiques aux aliments de diversification et des laits de croissance afin de tenir compte des connaissances scientifiques récentes.
    • Via un cadre réglementaire strict et spécifique pour les aliments destinés aux sportifs.
    • Via la mise en œuvre effective de la norme européenne NF EN 17444 visant à prévenir la présence de substances dopantes dans les aliments et compléments alimentaires, en coordination avec les travaux de l’Union européenne et des États membres, afin de garantir la sécurité des consommateurs et la confiance dans les produits.
  • Renforcer l’information et le dépistage, dès le plus jeune âge, des pathologies méconnus liées aux besoins nutritionnels particuliers :
  • Maladie cœliaque, dans le cadre des travaux engagés par la Haute Autorité de Santé, afin de distinguer clairement les besoins médicaux avérés des phénomènes de mode et faciliter l’accès des familles à un bon niveau d’information ;
  • Dénutrition en cas de pathologie, d’hospitalisation avec pour objectif de faire reconnaître sa prévention et sa prise en charge comme un pilier du bien vieillir.
  • Maladies métaboliques


Pilier 3 – Garantir une prise en charge équitable et continue sur l’ensemble du territoire

Les travaux publics relatifs aux inégalités territoriales de santé, d’accès aux médecins de spécialités et aux ruptures de parcours rappellent que l’accès aux soins spécialisés, la coordination à la sortie d’hospitalisation et l’accompagnement des patients ou personnes ayant des besoins spécifiques demeurent variables selon les territoires.

  • Garantir une application homogène des règles de prise en charge par les Caisses Primaires d’Assurance Maladie afin d’éviter les différences d’interprétation susceptibles de créer des inégalités territoriales, notamment s’agissant des aliments sans gluten.
  • Structurer l’accompagnement des aidants dans les parcours de soins.
    Prévoir des dispositifs d’information et de formation pour les proches, en lien avec les associations de patients et d’aidants, afin de sécuriser la mise en œuvre concrète des prises en charge à domicile (meilleur accès à l’information et meilleure coordination entre les professionnels de santé et les auxiliaires de vie).
  • Intégrer un volet nutritionnel systématique dans les protocoles de sortie d’hospitalisation afin d’assurer la continuité du soin nutritionnel, y compris par le médecin généraliste.
  • Dans un contexte de forte tension sur les métiers hospitaliers, sensibiliser, soutenir et outiller les professionnels de santé de proximité (infirmiers libéraux, pharmaciens d’officine, kinésithérapeutes, prestataires de santé à domicile) afin de leur permettre d’assurer pleinement leur rôle dans le dépistage précoce des troubles nutritionnels et le suivi des prises en charge à domicile, ces acteurs constituant souvent le premier point de contact avec les patients les plus âgés.
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